L’intelligence émotionnelle : Une nouvelle compétence pour le leadership

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Edité par :

Imane Dalta*

Introduction:

Nous rappelons que nous sommes et resterons tousdes êtres humains et par déduction des êtres émotionnels, est cela 7J/7 et 24H/24 et pas que lorsque nous quittons nos bureaux. Nous avons tendance à laisser nos sentiments et émotions à l’entrée de nos lieux de travail ce qui peut avoir des résultats néfastes sur la santé mentale et physique des salariés ainsi que sur la société. Pendant longtemps, les managers et salariés étaient priés de se séparer de leurs états d’âmes et sentiments le temps de leur présence effective au bureau afin de garantir le pragmatisme, la logique, l’objectivité et la distanciation face aux situations problématiques et décisions épineuses. Au milieu de toute cette froideur, surgit Daniel Goleman, psychologue américain, le génie du comportement. Ce dernier a commencé à partir des années 2000 à populariser et démocratiser le concept de l’intelligence émotionnelle (IE) en initiant plusieurs travaux de recherches. Nonobstant, avant lui les deux psychologues Peter Salovey et John Mayer ont défini pour la première fois ce concept en 1990.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

La définition même de la notion « intelligence émotionnelle » peut mener vers une contradiction,car elle comporte deux concepts qui peuvent paraitre antithétiques et qu’on a tendance à opposer par reflex. Le premier « intelligence » qui rejoint la raison, la logique et l’analyse. Le second « émotion » qui décrit la réaction primaire suite à un évènement précis ou une situation bien définie.« Chacun sait ce qu’une émotion, jusqu’à ce qu’on lui demande d’en donner une définition. A ce moment-là, il semble que plus personne ne sache. » (Fehr et Russell, 1984). Malgré la complexité du processus émotionnel et les polémiques résultantes des multiples tentatives pour définir “l’émotion”, les scientifiques se sont mis d’accord sur un consensus pour la définir comme la réaction d’une personne à un stimulus affectif. Cette réaction dépend de l’histoire, des besoins, de la culture, de l’intelligence, des acquis intellectuels et de la psychologie de chaque individu. Pour faire simple, l’intelligence émotionnelle peut être assimilée à une sorte d’intelligence sociale, s’opposant à l’intelligence rationnelle. Elle permet une facilité de prise de décision grâce au contrôle de ses propres émotions « l’intelligence intrapersonnelle » et celles d’autrui « l’intelligence interpersonnelle ».

Quelles sont les caractéristiques de l’intelligence émotionnelle ?

L’IE est caractérisée principalement par :
  • La compréhension approfondie de ses propres émotions : la connaissance de soi, la compréhension de soi-même, faire un état des lieux et un bilan de nos points faibles, forts, nos réelles motivations et notre influence sur les autres, ainsi nous pouvons développer une acceptation de la critique constructive.
  • L’autocontrôle et la gestion des pulsions négatives, en pensant positivement,en évitant de chercher à savoir le pourquoi de l’échec et se focalisant plutôt sur le comment pour capitaliser sur l’expérience et éviter d’autres éventuels échecs.
  • Savoir apprécier ses réalisations, avec optimisme.
  • L’empathie qui consiste à se mettre dans la peau des autres, à réfléchir et à comprendre leurs réactions et émotions pour mieux prendre les décisions.
  • Le tissage et l’entretien des relations sociales constituent la meilleur clé pour mieux comprendre les personnes afin de les influencer.
Selon Daniel Goleman 1996, Les points précités sont considérés comme les principales caractéristiques d’une personne émotionnellement intelligente. Une personne dite saine doit être capable de s’adapter aux différentes situations pour gérer ses émotions et maintenir son équilibre psychologique.

Quel est le rôle des compétences émotionnelles dans la performance des organisations ?

Pour les écoles classiques de management des organisations, la composante émotionnelle est considérée comme élément perturbateur et marginal, et a jusqu’à récemment était proscrite du milieu professionnel. De nos jours, un responsable cherchant l’excellence, pour mener et influencer ses équipes, doit impérativement détecter son niveau d’intelligence émotionnelle, l’exercer et l’entraîner pour la transformer en compétences pratiques. Mikolajczak, (2009) avance que : « Les compétences émotionnelles font référence aux différences dans la manière dont les individus identifient, expriment, comprennent, utilisent et régulent leurs émotions et celles d’autrui ». Ainsi, une intelligence émotionnelle efficace commence par une maitrise de soi même, selon l’auteur, les compétences émotionnelles commencent par une prise de conscience de l’état des lieux émotionnels et s’achèvent par un plan d’actions concret pour stabiliser le climat émotionnel de l’organisation qu’il dirige. Par conséquent, la performance des responsables est fortement liée à leur niveau d’intelligence émotionnelle, leurs compétences émotionnelles contribuent à la création d’un lieu de travail plus sain et efficace.

Exemple

Par conséquent, un manager pour être capable d’identifier ses propres émotions et les réactions émotionnelles de ses collaborateurs afin d’en tirer le positif doit atteindre une maturité émotionnelle. Dans les sociétés développées, l’émotion et la santé mentale des collaborateurs en milieu professionnel ne sont plus perçues comme tabous. Lors des jeux olympiques de Tokyo 2021, la gymnaste américaine Simone Biles déclare forfait pour les quatre finales les plus attractives,et cela pour préserver sa santé mentale. Sa décision était un grand choc pour le milieu sportif mais vu comment elle l’a annoncé, son infaillible soutien à ses coéquipières et sa présence lors des compétitions en souhaitant le meilleur à ses successeurs, le choc était amorti et la déclaration était accueillie avec beaucoup de positivité, car la santé physique passe par la santé mentale aussi.

Conclusion

Pour réussir, les gestionnaires d’institutions privé ou public doivent désormais prôner les valeurs de positivité et d’affectivité qui restent totalement compatibles avec la rigueur et l’objectivité impératives pour le milieu professionnel. Le contexte actuel lié à la COVID 19, nous impose de multiples restrictions de déplacement, donc à défaut de pouvoir prendre la route prenons le temps de lire pour développer nos compétences émotionnelles : écouter, être bienveillant, avoir de l’empathie, être enthousiaste, se remettre en question, sortir de sa zone de confort et sourire…   *Membre associé au CMDI. Principales références bibliographiques:
  • Daniel Goleman, Emotional intelligence : Why it can matter more than IQ, (1996)
  • Fehr et Russell, “Concept of emotion viewed from a prototype perspective”. Journal of Experimental Psychology: General, 1984.
  • Mikolajczak, Quoidbach, Kotsou, & Nélis. Les compétences émotionnelles. Paris : Dunod. 2009
     

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La publication a un commentaire

  1. Azdad

    J’approuve et je remercie Mme Imane pour son édito, cet article et source de motivation, après plusieurs échecs, vous lire était un plaisir, merci

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