Nouvelles Technologies

Les nouvelles technologies d’information et de communication : Quels impacts sur le marocain de demain ?

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Anouar Hasbaoui

(Chercheur au Centre)

Les idées présentées dans cet article sont celles de l’auteur, et ne reflètent nécessairement pas la position du CHDI. L’objectif ultime est d’initier des feedbacks et d’organiser des débats  autour des solutions proposées.

Essayer d’approcher le mode de vie futur de la société est un exercice très critique et à haut risque. L’avenir est généralement plein d’incertitudes où multiples sont les éléments qui peuvent émerger, au moment où d’autres actuellement existants risquent de s’affaiblir voire disparaitre complètement.

 Toutefois, on peut retenir certains facteurs conducteurs de l’évolution de la vie quotidienne[1]. L’un de ces facteurs est la prolifération des nouvelles technologies d’information et de communication dites (NTIC). On ne peut pas imaginer un monde futur sans NTIC, d’autant plus que la tendance générale renforce leur pénétration dans tous les niveaux et une conquête quasi-totale de tous les volets de la vie quotidienne (économique, social, culturel…etc.). Ceci dit, le futur renforcera davantage cette tendance ce qui va inéluctablement façonner la vie  des individus et l’évolution des organisations. Ainsi, Il serait intéressant  de prospecter l’impact de ces technologies sans pour autant ignorer les différentes externalités qui peuvent en résulter.

 

L’usage futur des NTIC va accélérer le rythme de production de l’information  toute catégorie confondue. L’utilisateur aurait la tâche de scanner un volume colossal de données alphabétiques, numériques et alphanumériques, d’autant plus que les organismes producteurs vont continuer à se concurrencer dans un marché qui les cote en permanence en termes d’informations fournies aussi bien quantitatives que qualitatives.

 

De surcroit, on assiste à l’émergence de nouvelles structures[2] (publiques ou privées) dont la mission principale est la production de l’information. Ce nouveau environnement, aussi pertinent qu’il soit, obligerait la population cible à dissoudre le problème relatif à la source et la fiabilité d’information. Force est de dire que toute information diffusée n’est nécessairement pas retenue, la justesse et la pertinence sont des exigences qui vont continuer à s’imposer avec acquitté.  Par ailleurs, la production et l’émission de l’information seraient continues dans le temps (24/24H, 7j/7) ce qui permettrait une prompte réactivité de part les utilisateurs, et par conséquent davantage de compétitivité.

 

La société marocaine ne peut échapper à cette configuration sociale, d’autant plus qu’actuellement les marocains acceptent et intègrent les NTIC dans leur vie (professionnelle ou personnelle) et les mettent à leurs services : de l’accès au réseau internet, l’utilisation des générations les plus récentes des smartphones jusqu’à l’exploitation des nouvelles applications reflètent « l’addiction » du marocain à être au top des nouveautés technologiques. Ceci dit, toute prospection du mode de vie du marocain ne doit pas ignorer l’impact des nouvelles générations des NTIC.

Le citoyen marocain, supposé en phase avec les nouveautés NTIC, va continuer à garder un certain nombre de traits qui à notre sens méritent d’être élucider. Grâce à l’exploitation de la technologie, il est plus informé, ce qui va l‘aider dans la prise de décision selon des critères plus objectifs, où la raison va substituer à la tradition et aux valeurs jugées « obsolètes ».

Les relations humaines seraient régies par des règles plus rigoureuses marquées par davantage d’intransigeance et moins de convivialité. De surcroit, l’intelligence artificielle va booster l’intelligence humaine pour rendre le citoyen plus compétitif. Certes, ce contexte va pousser le citoyen à être plus réactif vis-à-vis des événements qui concernent sa vie quotidienne d’une manière explicite ou implicite. L’individu sera plus conscient des divers aléas qui secouent son environnement.

 

Cette montée en force de la conscience et du savoir humain va favoriser l’émergence d’une une relation plus saine avec les principaux acteurs de la vie (administrations publiques, secteur privé, ONG…etc). Une prise de conscience des droits et obligations mutuels seront les piliers d’un partenariat soutenu avec les acteurs en question.  La transparence, l’équité et la justice seront des droits publics acquis qu’il faut satisfaire à tout moment. Le citoyen serait au centre d’intérêt des acteurs principaux, ce qui ne peut que consolider les liens mutuels de coopération, de collaboration et de partenariat.

 

Néanmoins, le schéma futur ne se présenterait pas d’une manière identique, des disparités géographiques et sociales vont continuer à exister, affectées principalement par deux variables distinctes : l’ignorance quasi-totale de l’existence des NTIC, et l’incapacité d’y accéder en raison du coût d’acquisition qui malgré son trend descendant demeurait sur le court et moyen terme sensiblement au delà de moyens financiers disponibles. L’inexploitation des NTIC présente un coût d’opportunité énorme qu’il serait intéressant de le quantifier.

 

Dire que NTIC va améliorer le mode de vie des individus est tributaire du choix d’usage et l’intention implicite de son utilisation. L’exemple le plus illustrant est celui d’une voiture haute gamme, pour un sage conducteur il pourra en tirer profit autant qu’il désire, alors que pour un adolescent généralement l’usage est inapproprié et peut conduire à des effets pervers qui ne sont dus qu’au mode d’usage et non à la marque de voiture. Dans ce sens, il convient de citer la prolifération des crimes électroniques qui à notre sens seraient toujours persistants conjointement avec le développement des NTIC. L’histoire a montré qu’il y’ a toujours des éléments qui n’ont pas pu s’intégrer adéquatement dans le nouveau ordre, ce qui génère par conséquent, chez eux une attitude de rébellion et  un désir de réplique.

 

Face à ces comportements indésirables, l’adhésion et l’inspiration d’un code de bonne conduite seraient préférables, les normes d’éthique doivent être assimilées et effectivement adoptées par la société afin de  diminuer l’occurrence des événements extrêmes. Il va sans dire que l’inertie du groupe favoriserait l’intégration de l’individu dans le code déontologique collectivement adopté. Les organisations sont appelées à mutuellement coordonner pour la prospérité de la société. Toutes les parties prenantes doivent converger leurs efforts pour assurer une intégration idoine de tous les citoyens. Ensemble au service de l’individu, et l’individu serait au service du pays. 



[1] Par analogie, on note qu’au niveau de l’entreprise, sur la base d’une approche plus simpliste, le taux de croissance des ventes constitue une file conductrice de l’évolution des différents comptes du bilan de l’entreprise.

[2] A titre d’illustration, on cite la multinationale Bloomberg spécialisée dans la production et la diffusion de l’information financière.


 


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