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Published on septembre 16th, 2015 | by anouar hassbaoui

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Le crash boursier de la Chine et l’économie du Maroc

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Préparé par: Anouar Hasbaoui

Chercheur au Centre

Le crash boursier de la république populaire de la Chine survenu le 24 Aout 2015 a préoccupé la communauté financière et économique internationale par crainte d’un marasme systémique similaire que celui de la crise des subprimes. Experts, pouvoirs publics, banquiers commencèrent à identifier la cause de cette tendance baissière. L’approche technique montre l’impact de l’euphorie de petits porteurs chinois à partir de Juin dernier, ce sentiment d’optimisme s’est éclaté suite au recul de l’indice de référence de l’industrie et au niveau des profits déclarés par les entreprises chinoises. On assiste alors à une vague de placement d’ordre de ventes qui était derrière cette secousse financière.
En vertu de la position de la Chine dans l’économie internationale, pouvoirs publics, analystes financiers, institutions internationales …etc, suivent de près l’évolution de la situation de la république ainsi que la réaction des autorités chinoises à rétablir la stabilité financière. Cette vigilance redoute une éventuelle propagation du crash chinois qui induirait des effets néfastes sur les économies partenaires. Si l’économie américaine et celles de certains pays émergents ont pu s’éloigner du collimateur de la dernière crise financière, il n’en demeure pas moins que d’autres pays souffrent toujours de l’ombre de ce choc financier. De l’avis de certains chefs d’entreprises marocains, les effets de la crise sont toujours omniprésents : la demande d’extension du délai de paiement, l’annulation de certaines commandes, la perte de certains marchés sont autant de résidus de la crise ayant touché les principaux partenaires notamment les pays de l’UE. La transmission de l’instabilité financière aux pays européens et émergents se traduit par un recul du taux de croissance du PIB marocain, du fait des liens économiques entretenus avec ces pays d’une part, et les flux des IDE reçus par le Royaume. Il n’en est pas moins de souligner que la situation économique du Royaume se compliquerait davantage si l’Union Européenne, en réaction à la propagation de la secousse boursière chinoise, adopterait des mesures qui ne prennent pas en considération les intérêts des pays partenaires, entre autres, le Maroc.
En vertu de ce scénario plausible, l’intervention des pouvoirs publics s’avère d’une ultime urgence. Certes, l’accélération des réformes structurelles tant macroéconomiques que microéconomiques est vivement recommandée (assainissement des finances publiques, optimisation du système fiscal, maitrise du déficit commercial à un niveau acceptable, rentabilisation de la dette publique…etc).
Le renforcement de la résilience de système national est tributaire de la rationalisation de l’action publique, dans ce sens, l’évaluation annuelle des plans sectoriels permettra de jauger la performance et l’efficience des plans en vigueur pour gérer les imprévus qui surgissent lors de la phase de réalisation.
Les pouvoirs publics doivent aussi s’engager dans le perfectionnement et la multiplication des mécanismes de résilience financière vis à vis des chocs externes multiples. Le dispositif de résilience embrasse les sphères économique, financière et sociale. Sur le plan économique, l’élargissement et l’accompagnement des PME et TPE est de mise, la poursuite de la diversification du tissu économique constitue un gage contre les aléas sectoriels (renchérissement du cours de matières premières, fléchissement de la valeur ajoutée de certains secteurs, concurrence ardue …etc). En ce qui concerne la sphère financière, le développement de l’inclusion financière, l’assouplissement de la liquidité du système et l’orientation-marché du financement des entreprises servent au mieux la résilience de l’économie. Au niveau social, le renforcement de la demande interne par l’appréciation du pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions sociales et l’accélération de l’inclusion sociale sont susceptibles d’immuniser l’économie contre les évènements imprévus.
Certes, le système bancaire national estimé parmi les plus résilients sur le continent africain, ne doit pas éclipser certaines limites, entre autres, le faible niveau de diversification des produits offerts et le coût des services jugé élevé, et une illiquidité structurelle des établissements de crédit. Dans ce sens, la poursuite de l’action de rapatriement de fonds, et la bancarisation pourraient améliorer la liquidité du système. Les banques ayant un poids systémique et qui se sont engagées dans un processus d’internationalisation, sont obligées de mettre en place un système de veilles économique et financière performantes dont la mise à jour doit être périodique.
L’adoption d’un système de change plus flexible permettra une meilleure gestion orientée-marché et par conséquent la possibilité d’exploiter les opportunités qui en découlent.
En fin, on insiste sur le rôle crucial de la banque centrale pour la préservation de la stabilité financière systémique. En vertu de la mission dévolue à cette institution stratégique, le développement adéquat des mécanismes et outils d’intervention proactive et réactive constitue un droit public pour la croissance économique de notre pays.

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