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Published on décembre 3rd, 2015 | by anouar hassbaoui

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Financement de la ville de Casablanca : Perspectives et défis

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Préparé par : Anouar Hasbaoui
Chercheur au Centre

 

L’actualité a été marquée par le refus de la Banque Mondiale d’accorder un prêt de 2MM DH à la ville de Casablanca pour couvrir une partie de l’enveloppe budgétaire du plan de développement 2015 – 2020. Une décision qui reflète l’incertitude à l’égard de la métropole à honorer ses engagements futurs. Ceci dit, l’institution internationale a demandé plus de garantie en particulier l’intervention du gouvernement pour appuyer le projet de financement à travers l’octroi de garanties plus rassurantes. La réaction du gouvernement à travers son ministre de l’économie et des finances n’a pas tardé et a refusé tout engagement, dans la mesure où la ville de Casablanca dispose de potentialités énormes et de capacité de remboursement rassurante, qui n’ont pas besoin de garanties supplémentaires voire non plus de garanties souveraines.

Cette chronique mérite à notre sens une attention particulière. En effet, l’avis des organismes préteurs passe par un dispositif rigoureux visant à prévoir la capacité de l’emprunteur à honorer ses engagements respectifs, d’autant plus que le dispositif en question se dote des instruments et outils nécessaires pour l’émission de jugement présumé « objectif ». Il faut dire que la notation financière des entités, abstraction faite des reproches adressées à cette méthode de valorisation, constitue une donne fondamentale pour l’évaluation de l’aptitude de solvabilité des organismes demandeurs de fonds, et par conséquent une notation financière du type AAA garantie aisément une prompt mobilisation de fonds et à moindre cout, au contraire une notation qui appartient à la catégorie spéculative du type BB- et inférieure, le risque encouru est selon l’organisme créditeur est très élevé ce qui se traduit soit par un rejet catégorique où un refus partiel exigeant davantage de garanties. Le cas de la ville de Casablanca s’inscrit dans la deuxième catégorie et interpelle à notre sens une réflexion plus fine des alternatives possibles. Certes, l’issue du dossier de prêt peut se répartir en deux horizons distincts : à court terme et à long terme. Au niveau proche, la ville de Casablanca doit procurer les fonds nécessaires que ce soit de la Banque Mondiale moyennant d’autres garanties ou auprès d’autres institutions financières qui pourraient croire aux capacités de remboursement de la métropole. Les mesures à entreprendre sur le long terme ne sont pas moins importantes, et peuvent pérenniser une résilience financière de la ville. Ainsi l’objet de cet article est d’essayer de présenter d’une manière succincte quelques mesures appropriées, en l’occurrence, l’amélioration de la notation financière de Casablanca. Ce projet d’une grande envergure est susceptible de promouvoir la position de Casablanca en tant qu’acteur fiable et solvable sur le marché financier international. L’amorçage du projet en question se décline à travers deux niveaux mutuels et interactifs :

Au niveau de la gouvernance de la ville

  • Améliorer la gestion des affaires de la ville à travers la mise à niveau de systèmes d’information plus fiables pour rationaliser l’exécution des projets de la ville ;

  • Elire une classe politique dynamique et intégrer les ressources humaines compétentes et capables de promouvoir Casablanca en tant que ville mondiale attrayante pour l’investissement national et étranger ;

  • Accroître la transparence de la gestion publique ;

  • Revoir la réglementation de la ville en direction d’assouplissement des procédures voire même leur dématérialisation  à travers le déploiement des NTIC ;

  •  Alléger la fiscalité locale pour soutenir le secteur privé formel et encourager la transformation du secteur informel au formel ;

  •  Améliorer les conditions sociales et promouvoir l’inclusion sociale,

  •  Multiplier les ressources pérennes de la ville

Au niveau d’intervention du gouvernement
L’amélioration de la notation financière de Casablanca n’est pour le moment pas l’apanage de la seule ville de Casablanca, le gouvernement doit aussi, au cours de cette phase cruciale de l’histoire du Maroc, opter pour :
• Accompagner la Ville selon un calendrier déterminé et limité dans les projets visant à améliorer la notation financière voire mettre à la disposition de la ville l’expertise et les moyens nécessaires ;

• Encourager la notation financière d’autres villes et régions notamment la région de grand Casablanca qui est capable d’amorcer ce processus de grande envergure ;

• S’inspirer des modèles de notation financière des villes à l’échelle internationale ;

• Encourager les responsables publiques à inclure les critères retenus par les agences de notation dans la gouvernance de la ville ;

En guise de conclusion il importe de souligner que le financement externe des communes va les conduire à se soumettre aux règles du marché et par conséquent davantage de transparence et d’optimisation de la gestion de la chose publique. En vertu de cette nouvelle donne, toutes les parties prenantes doivent sérieusement assimiler les coûts et les bénéfices de cette nouvelle source de financement pour l’édification du processus de régionalisation.

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