Droit et Economie finance

Published on juin 28th, 2016 | by anouar hassbaoui

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Brexit : Quel impact sur l’économie marocaine ?

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Préparé par:Anouar Hasbaoui

Chercheur au CMDI

Suite à un référendum public, 51.9%  des britanniques ont voté pour la sortie du Royaume Unie (RU) de l’Union Européenne contre 48.2%. De part l’importance de cette pratique qui se prête comme l’emblème de la démocratie participative, l’effet des résultats du vote ont secoué les principales places financières : FTSE 100, Dow Jones, Nasdaq, S&P500, CAC 40 ont reculé de manière significative reflétant ainsi la crainte des investisseurs et leur incertitude à l’égard de l’évolution des marchés et par conséquent la croissance économique. Le secteur bancaire est le premier à subir de coup de fouet les effets du vote britannique. Les banques que ce soient britanniques ou autres, en raison de leur dépendance ainsi que la position qu’occupe le RU dans le système financier international, ont vu leurs cours régresser de manière significative (Barclays, Llyods bank, Morgan Stanley, Goldman Sachs…etc). Selon certains experts le monde risque de connaître une situation semblable à celle qui a résulté de la faille de la banque américaine Lehman brothers, et par conséquent le risque de liquidité pourrait surgir et déstabiliser l’ordre économique et financier international.

L’interdépendance économique et financière oblige bien évidemment une veille permanente quant aux faits économiques et financiers de la conjoncture. Ainsi se présente la question sur l’impact du Brexit sur l’économie nationale. Tel est l’objectif du présent travail qui va essayer dans un premier temps de clarifier l’évènement du Brexit, et passer ensuite aux effets probables sur le modèle économique marocain.

Section 1 : L’avènement du Brexit 

British exit communément appelé Brexit qualifie le processus démocratique par lequel les britanniques ont décidé de quitter l’UE. L’origine de ce processus démocratique provient de la décision (2013) du Premier ministre David Cameroun de lancer un référendum sur la sortie de l’UE en vue de diluer  les préoccupations du Royaume aux problèmes d’immigration. A l’époque et même au dernier jour avant le scrutin, la position prévue par le gouvernement et une partie des britanniques est le maintien de l’appartenance, or les résultats ont contrecarré les prévisions des politiciens et experts qui estimaient qu’une désintégration de l’EU serait préjudiciable aux intérêts du RU.

Les résultats du vote ont secoué les principes indices, entre autres, Dow, Nasdaq, S&P 500, FTSE 100[1]. La réaction de chefs d’Etat des principaux pays fondateurs de l’EU ne s’est pas tardée, une réunion s’est déroulée Samedi 25 juin à Bruxelles  pour décider sur une réponse appropriée et prompte quant à la sortie du RU. Les banques centrales ont affirmé leurs engagements pour la préservation de la stabilité financière et économique. Il convient de signaler que certaines institutions financières avaient déjà préparé pour le scénario[2] de la sortie ce qui en quelques sortes va permettre de mettre en application les actions appropriées d’une manière plus efficientes. Toutefois, sur le plan économique, la croissance de l’UE va certainement subir les effets de cette désintégration du fait du poids du RU dans le groupement européenne du moins sur les prochaines deux années ( vue que la désintégration va prendre au moins deux ans[3]).

Au niveau national, L’EU se positionne en tant que partenaire potentiel, l’histoire des faits économiques montre toute décroissance économique se répercute sur l’évolution du PIB national, tel sera l’objet de la section suivante.

Section 2 : Brexit et l’économie nationale.

Si le Brexit va engendrer une décélération de la croissance économique, il serait évident de prévoir une transmission de ce mouvement à l’économie nationale du fait de la théorie des vases communicants.

Sur le plan financier, Brexit a causé une détérioration  respective de la livre et de l’Euro et une appréciation du dollar[4], ce qui va pénaliser les termes de change du dirham, vu qu’il est constitué d’un panier de devise à  20% du dollar et 80% euros. On assistera donc à un renchérissement des importations plus précisément celles exprimées en dollars face à une appréciation des exportations suite à la dévaluation du dirham.

Brexit est prévu affecter aussi  la liquidité bancaire internationale et en moins degré nationale, à ce niveau il convient de noter que la récente mise à œuvre des dispositions de Bale 3 par les grandes banques marocaines pourrait atténuer les effets financiers du vote britannique. Brexit serait aussi considéré comme un test approprié de l’efficacité des mesures et dispositions adoptées par la BAM en matière de gestion du risque systémique et de liquidité.

Section 3 : Axes à poursuivre

Au terme des effets prévus du Brexit, il importe maintenant de mettre en avant certaines mesures qui doivent être préconisées pour la stabilité économique et financière :

  • Poursuivre la mise à niveau du système économique marocain entre autres, l’assainissement des finances publiques, le renforcement de l’efficacité du système fiscal et la réforme de la caisse de compensation. Ces programmes multi-sectoriels sont susceptibles d’assurer une résilience aux chocs externes ;

  • Accélérer le processus de libéralisation de la politique de change, en vue d’aligner les termes de change du dirham aux fluctuations du marché ;

  • Renforcer le partenariat hors EU (Asie, Coopération Sud Sud) récemment inauguré par sa majesté le Roi Mohammed VI, ce qui va permettre au modèle économique de réduire sa dépendance vis à vie d’un seul partenaire ;

  • Poursuivre les éléments de base qui contribuent à la résilience intrinsèque de l’économie nationale entre autres, l’encouragement de plus en plus de l’entreprenariat, l’innovation dans une optique de développement durable ;

  • Garder la vigilance sur le rythme et la nature de la réaction de l’EU ;

En guise de conclusion, Brexit  est l’expression démocratique de la volonté des britanniques à l’égard de l’EU, son impact économique et financier revêt un caractère imminent en présence du poids du pays en question. Au Maroc, l’avènement du Brexit va avoir son impact, il va falloir planifier les actions appropriées tant sur le court que le long terme pour maintenir la stabilité économique et sociale. Toutefois, il importe de ne pas négliger le scénario davantage désintégration de l’EU, ce qui va complément changer l’architecture de l’échiquier économique et financier international.

[1] Selon CNN MoneyInvest du 24 Juin, les pertes enregistrées respectivement sont de 3.4%, 4.12%, 3.6%, 3.2%
[2] Selon Johann N. Schneider-Ammann, président la confédération  de la  Suisse, un scenario de la sortie du RU est élaboré  il y a deux semaines.
[3] Cette désintégration ne doit pas dépasser 2 ans conformément à l’article 50 du Traité sur l’Union européenne Traité de Lisbonne 2009.
[4] Le cours de change la livre sterling et le dollar du 24 juin  est de 1£= 1.33$ le plus bas depuis plus de 30 ans.
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