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Published on décembre 27th, 2015 | by anouar hassbaoui

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Autonomie de l’établissement scolaire

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Présenté par: Abdelghani Kerroumi

Chercheur au Centre

L’efficacité du système éducatif constitue un défi stratégique. En réponse à cette nouvelle donne, plusieurs systèmes éducatifs de par le monde ont opté pour l’octroi d’une autonomie éducative et pédagogique en faveur de leurs établissements scolaires en raison notamment de leur proximité de la population éducative.
Afin de cerner cette nouvelle approche de gestion de proximité à savoir l’autonomie de l’établissement scolaire (AES), notamment son contenu, Sa raison d’existence et ses conditions de réussite, nous proposons cet article qui essaye de répondre à quatre questions fondamentales : quelle autonomie de l’établissement scolaire et à quel degré ? Quels sont les objectifs assignés à cette autonomie ? Quels sont les outils nécessaires pour sa mise en œuvre ? Et quelles sont les conditions à satisfaire pour garantir l’atteinte des effets attendus de la dite autonomie ?

Quelle autonomie de l’établissement scolaire et à quel degré ?
La réussite scolaire est une affaire de tous. Aussi bien les pouvoirs publics situés au niveau central que la communauté éducative locale doivent y participer. Ainsi, si les pouvoirs centraux et régionaux responsables de la chose éducative ont pour attribution de fixer les orientations stratégiques et territoriales du système, les acteurs de la communauté éducative locale, quant à eux, ont le rôle de fixer des objectifs opérationnels propres à leur établissement ainsi que les voies permettant d’y parvenir. Pour cela, ils devraient disposer d’une certaine autonomie qui leur permet plus de liberté pour développer un projet éducatif adapté aux particularités de l’environnement local et du public scolarisé.
Toutefois, l’adoption de ce projet ne signifie nullement que les établissements feront ce qu’ils veulent. Ils demeurent des  » succursales « , des  » filiales  » qui n’existent que comme  » antennes locales  » de l’organisation plus vaste à laquelle ils appartiennent. Ainsi, aucun ne peut  » s’autonomiser  » de façon totale et unilatérale . En effet, il s’agit d’une autonomie relative, qui tout en permettant une certaine liberté d’action aux acteurs de l’établissement scolaire pour établir leur propre projet éducatif, s’opère dans le respect d’objectifs prioritaires fixés au niveau du système éducatif et dans le respect également du cadre réglementaire en vigueur.

Les objectifs de l’AES
L’AES a pour finalité d’assurer une rénovation du système éducatif. A cet effet, elle vise une plus grande efficacité de l’État en lui permettant d’une part d’assumer son rôle de stratège politique du service public à travers la délimitation des objectifs stratégiques du système éducatif traduisant sa conception de l’intérêt général et d’autre part d’associer les acteurs fondamentaux et les bénéficiaires à leur réalisation en procédant à des adaptations nécessaires par rapport au contexte socio-éducatif local .
Parmi les autres objectifs qui peuvent être assignés à l’AES, on peut citer :
• La déclinaison au niveau local des orientations nationales ;
• Le renforcement des possibilités pour un établissement de développer une action éducative de qualité dans un contexte éminemment évolutif en la rendant plus capable d’analyser elle-même ses besoins, d’élaborer et de mettre en œuvre sa propre stratégie de changement;
• La responsabilisation et mobilisation des acteurs locaux autour de la réussite scolaire des élèves.

Les outils nécessaires pour la mise en œuvre de l’AES
Pour atteindre les objectifs souhaités de l’AES, différents outils peuvent être mobilisés. Il y a lieu d’évoquer les conseils de l’établissement, le projet d’établissement ou la conclusion de contrats d’objectifs entre chaque établissement et l’autorité hiérarchique dont il relève.
Pour le cas des établissements scolaires marocains, le cadre juridique en vigueur permet à la communauté éducative locale, à travers ses principaux acteurs à savoir l’administration pédagogique, les enseignants, les élèves et les associations de parents d’élèves, d’élaborer son projet pédagogique dans le respect des orientations nationales. Ainsi, le décret portant statut particulier des établissements d’éducation permet au conseil pédagogique d’élaborer son programme annuel d’action pédagogique et le programme des activités parallèles et d’appui ainsi que le suivi et l’évaluation de leur mise en œuvre . De même, les notes ministérielles relatives au projet d’établissement considèrent celui-ci comme le résultat d’un diagnostic des réalités locales qui se traduit par l’adoption par les acteurs éducatifs locaux d’un projet qui se fixe des objectifs de modernisation de l’établissement scolaire s’inscrivant dans le cadre des orientations nationales et régionales en matière d’éducation .

Les conditions nécessaires pour atteindre les effets escomptés de l’AES
Les possibilités pour un établissement de développer une action éducative de qualité en cohérence avec les orientations nationales dépendent de la satisfaction d’un certain nombre de conditions. Il s’agit entre autres de :
• Une série de dispositions législatives et règlementaires qui soulignent l’importance de l’action éducative de l’établissement scolaire ;
• Un budget permettant de financer les activités programmées par le projet d’établissement ;
• Un accompagnement des acteurs locaux dans l’élaboration et la mise en œuvre de projet d’établissement ;
• La formation des acteurs locaux aux techniques de la gestion par projet ;
• L’évaluation des résultats atteints par l’établissement au regard des objectifs fixés.

En guise de conclusion, on peut soulever l’importance de l’autonomie éducative et pédagogique pour l’efficacité et l’efficience de nos établissements scolaire. Toutefois, cette autonomie reste sans effet si elle n’est pas consolidée par des réformes d’ordre juridique définissant les objectifs qui lui sont assignés et fixant des attributions claires pour les différents acteurs aussi bien nationaux que locaux ; par la mise à la disposition de l’établissement scolaire d’un budget pour financer l’ensemble des activités qui s’inscrivent dans le processus de sa consolidation ; et bien sûr par le recours à la procédure de reddition des comptes via l’évaluation des résultats atteints par l’établissement au regard des objectifs fixés.

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